ASBL Les Constellations: “se démener pour convaincre”

L’ASBL Les Constellations, basée à Schaerbeek, en région bruxelloise, est l’une des dizaines d’associations qui bénéficient du soutien des Œuvres du Soir depuis quelques années. L’association s’active pour offrir à des adultes handicapés mentaux un lieu où s’épanouir au quotidien, un foyer où construire leur avenir sur du long terme, une fois que les portes de l’enseignement spécial (où les jeunes sont admis jusqu’à l’âge de 21 ans maximum) se sont définitivement refermées.

Ce « monde » du handicap, Claude Meyer, administrateur des Constellations, le connaît et l’arpente sous toutes ses latitudes, remuant ciel, et surtout terre, pour que des centres de jour et d’hébergement pouvant accueillir ces adultes en situation de grande dépendance voient le jour. « Beaucoup d’associations comme la nôtre se créent, explique Claude Meyer, car le secteur d’accueil et de prise en charge des personnes handicapées mentales est en grave crise. Si elles ont la possibilité d’intégrer une institution dès la sortie de l’école secondaire une structure spécialisée, elles peuvent s’adapter. Mais les listes d’attente sont très longues. Et le drame, c’est qu’à 40 ou 45 ans, une personne en situation de handicap mental lourd ne peut plus s’adapter à une institution qu’elle ne connaît pas. »

Il y a dix ans, Les Constellations ont vu naître leur première maison d’hébergement. En décembre de cette année, la construction et l’aménagement, sur le site de l’ancien orphelinat Saint-Joseph à Etterbeek, de deux bâtiments qui pourront accueillir un centre de jour et un centre d’hébergement, seront terminés. Certes, les financements publics (dans ce cas précis, celui de la Cocom, Commission communautaire commune, en Région bruxelloise) permettent d’apporter plusieurs pierres à l’édifice. Mais le chantier est immense, et d’autres rentrées financières, assurées celles-là par les dons privés, sont incontournables pour que ces réalisations puissent voir le jour.

« Des œuvres, des dons, certaines entreprises et fondations nous aident à finaliser nos projets, poursuit Claude Meyer. Quand un projet comme le nôtre demande de sortir autant d’argent, tous les apports sont vraiment les bienvenus. Dans une maison d’accueil, on a besoin de tout. Ça peut sembler peu commun qu’on demande à un donateur qu’il vous aide à financer un système d’égouttage, mais c’est un apport tout aussi essentiel que l’aménagement d’une cuisine adaptée ou d’une salle d’hébergement au deuxième étage ! C’est en mettant toutes ces aides bout à bout qu’on peut réaliser quelque chose. Mais, en soi, rechercher toutes ces aides constitue une fameuse entreprise ! »

Une montagne de démarches qui, pour notre interlocuteur, confinent à l’apostolat (« Si vous voulez que l’aide se renouvelle, vous ne pouvez pas rester les bras croisés. Je travaille plus que je n’ai jamais travaillé », souffle-t-il). Parce que recueillir des dons à hauteur de centaines de milliers d’euros, en particulier auprès des entreprises, ce n’est pas uniquement sonner aux portes en tendant des factures. Il faut aussi établir un lien, établir une vraie relation de confiance. « Il faut se démener pour convaincre, il faut réellement transformer ceux qui nous aident en partenaires. Ça, c’est le bénévolat de l’avenir. Vous devez responsabiliser les entreprises par rapport à votre projet, par rapport au thème qui vous préoccupe. Il est essentiel qu’elles se sentent humainement impliquées. »

Un article de Fabienne Trefois, dans notre édition du 15 mars

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