Didier Hamann, directeur-rédacteur en chef du Soir, à propos des Oeuvres

On est en droit de se demander pourquoi Le Soir, tout comme bon nombre d’autres entreprises privées, se pique de promouvoir des activités de type caritatif, alors que c’est un rôle qui est, dans notre fonctionnement occidental, plutôt dévolu aux pouvoirs publics ou aux ONG. Didier Hamann, directeur-rédacteur en chef du Soir, s’explique sur cet engagement.

Pourquoi « Le Soir » se mêle-t-il de « faire du bien » alors que, ce qu’on attend de lui, c’est surtout qu’il produise de la bonne info, au bon moment, faite par de bons journalistes pour des lecteurs exigeants ?

C’est aller un peu vite en besogne que de résumer les missions de notre journal au traitement et à la production d’info. Le journal, et particulièrement le nôtre, a un rôle sociétal évident. Dans nos pages, nous véhiculons des valeurs. Des valeurs d’humanisme, de justice, de respect, d’ouverture et de solidarité. Ces valeurs font partie de notre ADN depuis notre création, voici 125 ans. On ne lit pas un journal par hasard, nous fédérons autour de notre projet des centaines de milliers de lecteurs quotidiens. Nous constituons un exemple, avec une visibilité bien plus importante et plus symbolique qu’une entreprise industrielle. Il est logique que, depuis sa création, Rossel ait voulu donner un prolongement concret à ces valeurs.

Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme : nous ne sommes pas une fondation, mais une entreprise privée. Avec des actionnaires, des plans financiers et des comptes à rendre en fin d’année. Mais il me semble sain de pouvoir, chaque année, consacrer un peu d’énergie – et de place dans le journal – aux initiatives des Œuvres. Et d’utiliser à ces fins la puissance de feu dont nous disposons : rapports avec les annonceurs, espaces publicitaires, multiplicité des supports… et surtout la confiance que nous accordent les lecteurs qui savent que nous ne posons pas notre label par distraction sur une association à laquelle nous accordons notre aide.

Quel est le bénéfice pour une société comme Rossel ? Une bonne image ?

Je mentirais en prétendant que je suis fâché de la bonne image que nos Œuvres véhiculent. Mais ce n’est pas le moteur de notre action. Je souhaite faire admettre que l’on fait le bien… tout simplement parce que cela fait du bien.

Chaque fois que nous mettons la force de frappe du journal à la disposition d’un projet caritatif, c’est pour nous – et quand je dis « nous », je parle des centaines de salariés du groupe – une grande source de fierté et de satisfaction. Nos meilleurs ambassadeurs sont les collaborateurs de notre journal.

Nous savons aussi que les lecteurs sont heureux de s’associer à ce type de démarche. Certaines familles belges nous soutiennent activement depuis plusieurs dizaines d’années. Je suis persuadé que cette responsabilité sociétale fait partie intégrante de notre mission. Et qu’il est de notre devoir à tous de poser, sans cesse, cette question : « En quoi pouvons-nous vous être utiles ? »

Des propos recueillis par Thierry Tinlot dans notre édition du 15 mars

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