Plus d’un siècle d’histoires d’aide aux plus démunis

Depuis plus d’un siècle, les Œuvres du Soir apportent, au travers de différentes actions et grâce aux dons des lecteurs, une aide financière à la réalisation de projets de dizaines d’associations établies à Bruxelles et en Wallonie. Ces fonds leur permettent de réaliser des projets pour des enfants défavorisés, des personnes handicapées ou encore des personnes âgées et ainsi d’améliorer leur quotidien. Si les demandes et les besoins ont évolué avec le temps, il n’en reste pas moins que l’aide et la générosité ont encore bien des jours devant elles. « Agir pour le mieux-être des plus démunis », un objectif qui ne s’est jamais démenti.

L’oeuvre du petit sou deviendra grande …

L’histoire démarre en 1895. Alors que le pays est plongé dans un climat social rude, la famille Rossel, à l’image d’une certaine bourgeoisie entreprenante de l’époque, se lance dans une opération philanthropique et organise une Saint-Nicolas pour les enfants défavorisés. L’organisation s’appelait alors « l’oeuvre du petit sou ». Quelques années plus tard, dans un appel publié le 14 novembre 1898, Le Soir faisait appel à la générosité de ses lecteurs et leur demandait d’envoyer une obole. Si modeste soit-elle, elle servira à jeter un peu de rayons de soleil dans l’ombre de tant de jeunes âmes pour qui la vie peut se montrer si amère. A ses débuts, l’opération visait d’abord les enfants moins favorisés des crèches de l’agglomération bruxelloise. Rapidement on y adjoignit aussi ceux des hôpitaux. Personne, à l’époque ne se doutait que les Œuvres du Soir allaient devenir une véritable institution au sein de la maison. Au fil des ans, l’aide des lecteurs du Soir fut également sollicitée pour des actions plus ponctuelles. Comme en 1928, quand le journal lança un SOS au public suite à des inondations qui avaient dévasté Termonde et sa région. Entre-temps, les Œuvres avaient aussi lancé une formule de vacances à la campagne ou à la mer pour des jeunes à la santé délicate ou qui ne mangeaient pas tous les jours à leur faim. Une cure de convalescence ou de prévention, comme il se disait à l’époque. Plusieurs centaines d’enfants purent ainsi bénéficier de quelques jours au grand air et s’échapper, l’espace d’un instant, de leur dure réalité.

La tombola au fil du temps

La Tombola du Soir est, encore aujourd’hui, un des maillons forts des Œuvres du Soir. A partir de 1927, Le Soir obtient l’autorisation d’émettre vingt mille billets de 20 francs chacun. Cette année-là, le bénéfice est destiné aux Œuvres du grand air mais aussi au Conservatoire africain qui célébrait son cinquantenaire. A l’époque, les heureux gagnants repartaient avec des chambres à coucher, des salles à manger, un gramophone-meuble et bien d’autres choses utiles pour aménager confortablement la maison. Autres temps, autres lots ! La tombola exige une organisation bien huilée pour répondre aux très nombreuses sollicitations, de l’aide aux victimes de catastrophes nationales mais aussi internationales, comme le tremblement de terre au Japon ou encore l’éruption du Mont Pelé à la Martinique, etc. Il arrivait aussi que des citoyens exemplaires soient mis à l’honneur. Par exemple, en 1929, deux mécaniciens nommés Matthias et Godin évitèrent de justesse une catastrophe de chemin de fer qui leur valut de recevoir plus de cinquante mille francs pour leur acte de bravoure.

Une nouvelle ampleur après 1944

La confiscation du Soir par l’ennemi interrompit l’action des Œuvres. Mais dès le 27 septembre 1944, un peu plus de vingt jours après la reparution du vrai Soir, probe et libre, un entrefilet invitait les lecteurs à reprendre le combat contre la misère et la maladie. Les Œuvres repartirent de plus belle, conférant à la tombola et la souscription de la Saint-Nicolas une nouvelle ampleur. La célèbre tombola annuelle reprit ses droits chaque année aux alentours du printemps. La vente des billets et le tirage solennel étaient des événements en soi. A l’époque, on n’hésitait pas à faire la file rue royale, des heures durant, sous tous les temps, pour se procurer les précieux droits de participation. Quant au tirage, il eut par exemple pour cadre la salle des milices de l’hôtel de ville de Bruxelles. Pour les plus jeunes, des après-midi enfantines et des spectacles de cirque étaient organisés pour leur faire oublier quelques heures durant, les difficultés de l’existence. Le service des Œuvres collabora activement à la préparation de galas prestigieux qui firent date à l’époque. Il n’était pas rare de voir arriver des membres de la famille royale, à commencer par le roi Albert et la reine Elisabeth ou encore Léopold III. A la fin des années ‘70, ces soirées avaient vécu mais la générosité demeura et d’autres formules furent trouvées pour récolter des fonds.

Les Œuvres aujourd’hui

En 1991, une nouvelle orientation est donnée aux Œuvres du Soir. Celles-ci fonctionnent sur base d’une collaboration plus étroite avec des associations et des centres spécialisés. C’est Nathalie Malice qui coordonne les Œuvres et leurs différentes actions mais toujours dans le même esprit que les pionniers. Ma tâche est très riche, très éclectique, dit-elle, de la récolte de fonds à l’organisation de la tombola annuelle en passant par une grande diversité d’animations qui va d’une vente aux enchères à des visites à des associations aidées, etc La tombola est une grande aventure qu’il faut recommencer à zéro, chaque année. Et ce, sans oublier la moindre étape puisqu’il faut aussi bien se charger de la collecte de lots que de la communication de l’opération. Rien ne peut être laissé au hasard pour écouler les billets. Mon autre grand défi annuel, est la souscription pour la Saint-Nicolas. Une héritière de « l’oeuvre du petit sou ». Depuis deux ans, les maisons d’accueil gèrent, elles-mêmes, les budgets que nous leur offrons. Nous pensons également au Noël des seniors, là aussi, les séniories disposent d’un budget pour les cadeaux, les sorties et les loisirs de leurs pensionnaires. Les OEuvres du Soir ont encore un bel avenir devant elles.

Cette entrée a été publiée dans Presse. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Plus d’un siècle d’histoires d’aide aux plus démunis

  1. Dralants Monique dit :

    Je suis née en 1937 à Bruxelles.
    En 1944, l’ “Aide paysanne aux enfants des villes” des Oeuvres du Soir, m’a permis de vivre plusieurs mois chez des fermiers au Roeulx. C’est grâce à eux que j’ai une très bonne santé….

  2. oeuvresdusoir dit :

    Un fidèle lecteur du Soir nous écrit :

    “En 1964, j’ai passé 3 mois dans la Famille Campell en Suisse, à Cinuos-Chel, dans le parc national des Grisons, avec une vingtaine d’autres enfants défavorisés, dans le cadre des Œuvres du Soir. Ce séjour m’a aidé comme vous ne pouvez l’imaginer, à tel point que j’ai renoué le contact en 1999 avec cette famille et que je retourne chaque année passer Noël dans leur pension (Hotel Pension Veduta). Je viens d’apprendre le décès de M. Riet Campell-Schmid.
    J’aurais aimé que vous rendiez un petit hommage à cet homme qui a accueilli tant d’enfants pendant des années. Ce serait en même temps un rappel de l’activité des oeuvres du Soir à cette époque et cela évoquerait certainement des souvenirs à de nombreux lecteurs du Soir.”

Répondre à Dralants Monique Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>